
Très tôt je me suis passionnée pour les travaux d'aiguille, petite fille, je cousais des vêtements pour mes poupées et les brodais de perles de rocaille.
Quelques années plus tard, mon diplôme d'école de commerce en poche, je rentre chez un opérateur télécoms, en tant que commerciale puis au marketing. Mes horaires de travail parisiens ainsi que les naissances successives de mes quatre enfants ne me laissent que peu de temps libre que je consacre à confectionner cadeaux de naissances et objets de décoration.
La "broderie blanche" et la "peinture à l'aiguille" me fascinent. Une simple petite robe trapèze brodée en lettres anciennes aux initiales de la petite fille, se métamorphose en élégante robe de cérémonie.
Toujours à la recherche d'une décoration personnalisée et ne trouvant pas dans le commerce d'articles à mon goût, j'ai décidé de créer mes propres modèles.
Quinze ans plus tard, une opportunité professionnelle nous conduit dans le Sud Ouest.
Désormais je me consacre à mes deux passions : ma famille et la broderie.
La broderie existe depuis des temps très reculés. Les premières, l'une ornant une housse de selle et représentant des
griffons, l'autre: une tenture murale, figurant un cavalier sur sa monture datent du IV av JC.
Les Égyptiens eux aussi étaient de grands brodeurs, on retrouve la trace de leurs oeuvres sur des tentures
murales ou les sarraus des reines égyptiennes, représentés sur les murs des nécropoles. Les juifs ont appris des
Égyptiens l'art de l'ornementation des étoffes.
La broderie fine s'est également développée à Babylone, en Palestine et en Syrie, en Asie.
Les invasions musulmanes contribuèrent alors à amener en Europe les techniques orientales du tissage et de la
broderie, d’abord en Espagne, au VIIIème siècle, puis en Italie et en Sicile.
Lors de la prise de Constantinople, la piété de nombreux croisés conduisit les broderies orientales jusque dans
les églises de l'Occident. Offertes en présent, elles étaient principalement destinées à recouvrir les châsses des
saints martyrs lors des fêtes solennelles. Les trésors de Sens, Liège, Maëstricht, Aix-la-Chapelle, Cologne, Coire,
Saint Maurice en Valais et de la Sancta Sanctorum au Vatican conservent encore quelques-uns de ces précieux
tissus.
L'Europe allait désormais prendre le relais de la production de broderies.
Au Moyen-âge, sous l’influence de l’Église Chrétienne, les broderies illustrent la foi et magnifient Dieu,
broderies d'or et d'argent, perles et pierres précieuses exaltent la splendeur divine et valorisent la fonction de
celui qui la représente . Cependant,on peut également les retrouver sur des tapisseries : la plus célèbre, la
tapisserie de Bayeux date du XI ème siècle. Elle représente, en laines de couleurs sur toile de lin, la conquête
Normande de l’Angleterre en 1066.
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Détails de la tapisserie de Bayeux |
Au début du XIIIème siècle, le règne végétal s'impose dans les décors brodés : bourgeons, lys, roses, fleurs à trois pétales, feuilles de cresson, grappes de raisin.
A la renaissance, le point de croix se répand dans tout l'Europe et devient une des bases de l'éducation féminine C'est
alors que naît le marquoir, un morceau de tissu sur lequel les jeunes filles s'exercent à broder des grecques, des fleurs
et des symboles religieux. Les marquoirs constituent le patrimoine familial de génération en génération. Le plus
souvent ils sont brodés sur du lin avec des fils de soie ou de laine, ton sur ton.
A la même époque, les broderies vont devenir de véritables peintures à l’aiguille. Le remplissage uni des figures, sans
effet de relief, est abandonné au profit d’un modèle qui rivalise avec la peinture.
Au XVII ème siècle, les couleurs font leur apparitions, on teint les fils en rouge (qui donnera l’appellation «Rouge
du Rhin »). L’alphabet est introduit dans les exercices de broderie destinés à former les jeunes filles. A l’école les
petites filles apprennent à lire à écrire et… à broder.
Au XVIIIème siècle, les étoffes façonnées, scintillant de fils d’or et d’argent, sont encore enrichies de broderies. Le
point de croix se répand dans toute l’Europe.
En 1770, le Français Charles Germain de Saint-Aubin, brodeur du roi, publia l'Art du brodeur, ouvrage qui
détaillait les différents styles et techniques de broderie.
À la fin du XVIIIe siècle, la broderie blanche de Saxe devint très prisée pour l'ornement des manchettes et des
écharpes.
Le XIX siècle voit se développer les travaux d’aiguille outre le point de croix qui est à son apogée, les brodeuses
inventent des points plus ornés plus souvent exécutés en broderie blanche au point de plumetis. Des modèles
d’alphabets en écriture gothique, anglaise, romaine ou fantaisie, permettent la composition des monogrammes. A
cette époque on édicte même certaines règles concernant la taille des lettres en fonction du support sur lequel elles
sont brodées – 12 mm pour les mouchoirs, 16 mm pour le linge de corps, 23 mm pour le linge de maison mais parures
de lit ou nappes peuvent être ornées de motifs mesurant de 43 à 120 mm.
Nos aïeules ne comptaient pas le temps qu’elles passaient à réaliser leur trousseau. Certaines accomplissaient de
véritables œuvres d’art.
Aujourd’hui nous vivons plus longtemps, beaucoup plus longtemps mais nous avons souvent du mal à nous poser
pour créer quelque chose qui restera pour nos enfants et petits enfants.
C’est avec une immense fierté que je regarde, comme des œuvres d’art, les draps magnifiquement brodés par mes
grand-mères , arrière-grands-mères… Je les considère comme mon patrimoine, les restes d’un passé où le temps
semblait se dérouler moins vite.
Les points de la broderie traditionnelle plus compliqués à exécuter que le point de croix, -également appelé point compté ou petit
point - reviennent à la mode mais sont souvent édulcorés par la « broderie machine » qui donne beaucoup moins de
relief aux dessins.
C’est avec plaisir que je vous présenterai tout au long de ce site une collection destinée à faire revenir dans vos
maisons un peu de passé et d’authenticité tout en regardant vers l’avenir.
Je vous propose entre autres choses des housses de couettes, des porte-couches, des pèles mêle, issus des « innovations » du XX°
siècle!!!